AMBIENT SPECTRAL
Que de chemin parcouru depuis 1993 ! La musique du groupe norvégien a, en effet, énormément évolué depuis sa fondation. Le qualificatif de rupture est peut-être même plus approprié dans le cas d’ULVER.
Durant ses premières années, ULVER pratiquait un black metal virulent et très cru, puis à partir du concept album paru en 1998, « themes from William Blake’s the marriage of heaven and hell », la musique s’est mise à changer. Des tonalités électroniques ont fait leurs apparitions mais le propos demeurait encore globalement métallique.
En 1999 toutefois, la nouvelle orientation est assumée, changement de logo, changement de style, et, l’année suivante sort « perdition city », un disque « électronique » de grande qualité, froid, cinématographique, avec quelques touches jazzy. Viennent ensuite deux bandes originales de film, l’atmosphérique « lyckantropen themes » en 2002 et « svidd neger » en 2003, orienté plus classique.
« Blood inside » (2005) est en quelque sorte une espèce de synthèse des diverses influences passées. Un album plus apaisé, plus mature, plus rock aussi.
Plus récemment, en 2007, « swallows of the sun » signait le retour d’instruments classiques, sans pour autant délaisser le penchant électronique d’ULVER. Une œuvre oscillant entre lumière et ombre.
« Wars of the roses » donne enfin une suite à cet album. Ne vous attendez surtout pas à une dynamique black metal. Et c’est tant mieux, car, n’en déplaisent aux fans hardcore, ce n’est pas dans le registre de l’extrême que le groupe a été le plus intéressant.
Ceux ou celles qui ont aimé la discographie post Metal retrouveront en revanche leurs repères, c'est-à-dire une musique faisant appel aux machines pour des atmosphères des plus ambigües, proche du art rock, du psyché, du jazz ou du progressif (Ce n’est pas un hasard si l’album est publié par K-Scope.). Comme d’habitude avec ULVER, le disque contient son lot de surprises, des moments de grâce, d’intensité, de contemplation.
Tout y est : introduction psychédélique (« February mmx »), ambiance mystérieuse et cinématographique avec le glaçant « Norwegian gothic », élégance intimiste, notamment sur « Providence » et son break inattendue joué au saxophone.
On reconnaît immédiatement la patte du groupe, dès la première note de musique, ces morceaux aux structures libres, froides, improvisées, saccadées, expérimentales.
A cause de ses contours flous, de son style par essence sinueux, « Wars of the roses » appartient aux albums que l’on apprivoise sur la durée mais qui resteront à n’en point douter à nos côtés pendant de nombreuses années.
Superbe !
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