ANATHEMA weather systems
De l’eau a coulé sous les ponts depuis Eternity, le disque qui m’a fait découvrir Anathema, album du mois dans Hard’n’Heavy à l’époque, magazine qui a depuis disparu. Ça commence à dater mais des albums et des galères plus tard, le groupe est toujours présent, à la fois différent et identique dans son identité artistique, c'est-à-dire cette espèce d’emphase musicale, ou, plus précisément, ce tendre désespoir que véhicule le groupe à travers ses œuvres. Après un retour en grâce, en l’occurrence le tant attendu (Il a quand même fallu attendre près de dix ans !) et talentueux We’re here because we’re here (2010), Anathema revient avec un nouvel album sorti ces jours ci et pour le moins exceptionnel, surpassant même son prédécesseur.
Weather systems me ravit d’entrée de jeu, dès le diptyque Untouchable, partagé entre la puissance hypnotique (Partie I) et l’émotion à fleur de peau (Partie II), tandis que les harmonies vocales entre Vincent Cavanagh et Lee Douglas sont sublimes. Un temps fort d’une beauté rare. Les orchestrations sont toujours présentes, très bien senties, comme en témoignent le surprenant The gathering of the clouds ou la mélancolie d’un The lost child, un morceau très prenant qui nous ramène en arrière avec un certain plaisir, à l’époque de Judgement (1999).
Beaucoup plus nuancé dans ses atmosphères que son prédécesseur, voilà ce qui me semble être la principale différence entre les deux opus. Le début de Weather systems sonne plus du côté de la mélancolie ou de la tristesse, tandis que Lightning song, chanté par Lee Douglas, me paraît plus lumineux, le tout s’emboîtant parfaitement, et l’intense Sunlights ne fait que confirmer cette éclaircie… Avant l’atypique The storm before the calm, une longue pièce composée d’une première partie « electro indus », une composition construite sur une structure évolutive, avant de finir plus calmement. Un parfait équilibre entre tension et sensibilité. Et enfin, Internal landscapes, une sensation rare, le témoignage d’un homme (Joe Geraci) racontant son expérience de mort imminente. Globalement, j’aurais bien du mal à isoler mes morceaux favoris sur ce nouvel album.
Il convient également de souligner le fructueux travail de Christer-André Cederberg à la production, connu pour son groupe Animal Alpha et ses nominations aux grammy norvégien. Il donne à l’album une savoureuse patine, et plus précisément, une impression de puissance plus intense que Steven Wilson sur le précédent et le résultat est tout bonnement époustouflant.
Weather systems n’est donc pas simplement le successeur de We’re here because we’re here, mais bel et bien une œuvre à la fois intemporelle et irrésistible de la part d’un groupe au sommet de son art.
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