SE LAISSER EMPORTER...
Il existe une race d’album qui ne laisse pas le doute s’installer et qui, après chaque seconde de plaisir éprouvé, vous fait comprendre qu’on a là un disque qui va changer des choses. Cette intuition est omniprésente à l’écoute de « Ashes against the grain ». Un pressentiment coriace. Il ne changera pas le monde, mais il marquera de son empreinte la culture Metal.
Le groupe de Dark Folk Metal américain s’était déjà fait remarqué auparavant avec « Pale folklore » et « The mantle », albums plus que brillants, salués par les critiques. Les différents climats détenaient la faculté de vous plonger hors du temps, dans une dimension hors normes, atmosphériques à souhait, comme peu de groupes savent le faire.
Mais ce qui frappe d’entrée à l’écoute de ce troisième disque, c’est sa modernité. Fini (ou presque.) les ambiances folk. Le groupe a accentué les sonorités Metal, tout comme il a gagné en maîtrise et donc, en impact.
On retrouve néanmoins les atmosphères feutrées propre au groupe, douces et amères à la fois, la présence vocale d’HAUGHM et cette faculté à faire jaillir des moments emblématiques par la musique.
« Limbs » donne le ton. Les guitares ont gagné en amplitude. Ce titre se charge de faire un bref aperçu de ce que va donner l’album. Une parfaite mise en bouche. Puis surviennent les riffs soutenus et l’emballement des guitares sur « falling snow », rappelant parfois « Brave murder day » de KATATONIA. Inattendu.
Après un court interlude, « Five above, ice below » offre des éclats de chant clair tandis que le feeling monte au gré des vagues électriques et acoustiques qui transpercent le morceau. Une atmosphère hivernale semble s’être installée, une atmosphère menée avec constance et sensibilité. Toute une palette d’émotions.
La mélancolie, jusque là sous jacente, voir même discrète, accapare le triptyque final, le somptueux « Our fortres is burning ». Une pièce sensorielle où la rancœur devient rage, où la musique transporte l’auditeur dans une ascension émotionnelle.
La première partie est un instrumental qui nous porte jusqu’à « Bloodbirds », d’inspiration plutôt post-rock. On voyage alors à travers les mélodies des guitares déchirées par les éruptions plaintives d’HAUGHM, avant la partie finale, ambiant à volonté, saturé par des sons brumeux et inquiétants.
« Ashes against the grain » est, au final, un disque qu’on ne va certainement pas oublier, qui marquera son époque par sa beauté et ses tourments.
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